The Desert River

Chafing at its narrow levees, smashing upon and barging through stone, the Valuné leapt into the Cundrie Hills, easing out as the land softened. Lithe despite its bulk, humming, it inundated the dips and basins cradled between eternally verdant hills, crooning to them of beauty and splendour beyond the wildest swish of their most wilful grasses. Lavishing its abundance upon lake and affluent and ox-bow, it glided out of the land of plenty, and trickled to the crock-shaped hollows where began the Pyetivant Mista. Screened from the mountains by hillocks and mounds increasingly dour sprawled stretches of eroding, crumbling rock, sucked up grain by grain into the insidious sands lapping about them. Only the gnarled stubs and stubble that slashed across, nursed by the Valuné’s clogged trickle, circumvented their gluttony.

 Chugging its crippled way to the sea, the Valuné gave still with reckless abandon to every channel gouged out of the searing semi-desert, each bubbling rivulet tapering hopefully off. Guarded sedulously by the unquenchable cacti and the occasional stately date-palm some made it to the perpetually wilting fields; others, outstripping their escort, darted rashly desert ward, and were pounced on and strangled.

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Le Secret de la Vie

Comme je suis la sœur aînée d’une famille nombreuse, mon dix-huitième anniversaire a été un événement assez important pour tous. Lorsque la fête s’est terminée, on m’a dit:

«Tu es maintenant une femme. Alors, dis, que veux-tu faire dans la vie?»

«Mais elle a de la chance!» pensez-vous sans doute. «Voila une famille vraiment aimable et compréhensive!»

Très bien, vous n’avez pas forcément tort, mais … c’est-à-dire …

J’étais en train de manger le dernier morceau de gâteau. J’avalais rapidement, sous les regards furieux des tantes, oncles, grands-parents, et tous les autres parents qu’on avait convoqué.

«Euh – moi? Pourquoi? Je ferai – ben… je ferai ce que je fais maintenant!»

Les enfants ont commencé à rigoler. En tant qu’ ‘adulte’, je fronçais les sourcils dans une façon assez menaçante. En vain.

Qu’est-ce qui les a fait rire? Je ne le comprends pas, franchement. C’était une réponse bien sage, n’est-ce pas? Je faisais déjà les trois choses dont je ressentais quelque envie: je mangeais, je lisais, et je dormais.

Mais, malheureusement, on pensait autrement. Les adultes, vous savez…Eh ? Que dites-vous? Je suis une adulte aussi? Ben… bien… mais il y toujours des personnes exceptionnelles, et j’en suis une. En plus, je ne suis pas ni vielle ni méchante. Je suis toujours une adolescente, jeune et belle…

 «On en a assez de tes blagues, » me grondait-on. « Arrête, ou tu vas le sentir passer!»

Ben … contre une telle menace, que pouvais-je dire ? Enfin, j’ai renoncé à dire la vérité. Si ce à quoi on songe ne va pas, il faut donc les mensonges.

La pensée d’une savante en herbe, non?

« J’ai sérieusement médité, » ai-je commencé. « Mais … euh… »

Le mensonge m’avait servi mieux que monsieur maitre Jacques, au moins. On ne parlait pas de me pendre. Bien au contraire, on attendrissait.

« On sait que c’est naturel d’hésiter un peu. As-tu un penchant prononcé pour quelque chose ? Quel travail t’intéresse?»

Comme vous l’avez bien sur compris, le travail n’est point une chose qui me fait tomber dans des transports d’enthousiasme. Ça ne m’extasie point, à vrai dire. Mais … comment confier une affaire aussi choquante aux gens qui croient que le soleil ne se lèvera jamais si l’homme ne travaille pas? Voyez vous-même, ce n’est pas facile, ça! On s’arracherait les cheveux, on enragerait, on pourrait même tomber dans les pommes! Et surtout si on s’inclinait vers la violence … enfin, ce serait une histoire assez affreuse.

Non, non, ce n’est pas que je sois une lâche, moi. Je n’ai pas du tout froid aux yeux, je vous le jure. C’est que … moi, je suis d’un caractère très agréable, très gentil, très amène. Alors je ne peux jamais faire de mal à personne.

Donc je pensais furieusement. Sauvée! Je me rappelle une citation qui convient – Aha ! On serait bien impressionné d’entendre les mots d’un philosophe si connu! Sauf que je ne mentionnerai point l’auteur. Et on se rendra compte que j’ai une âme vraiment sensible, que je suis un être qui réfléchit avec profondeur.

« La vie, » disais-je, « N’est qu’un rêve … »

« Es-tu devenue folle?»

Je sursautais. Mais – courage! «La meilleure méthode de se défendre, c’est d’attaquer!» Allons-y !

Je continuais bien hardiment,  «Oui, c’est une illusion, un rêve! Et dans la vie, nous doivent rien faire, sauf – »

«COMMENT?!»

« Apprendre les réponses aux questions les plus graves de la vie! Qu’est-ce qu’un être? Un âme – euh – une âme – »

L’affolement m’avait fait oublier la suite … et, quelle horreur! Je m’étais entremêlée dans les articles! Un fait qui est sans doute pire que les sept péchés capitaux pour un linguiste aussi distingué.

 «Une, une âme!» bégayais-je, en rougissant.

«Qu’est-ce que tu bafouille des âmes? La-voila!»

Et on m’a donné une mangue.

Bien entendu, vous savez que chez nous, on appelle la mangue «âme» – mais je n’ai pas besoin de le dire. Vous le savez déjà.

«Tu gagneras ta vie en mangeant des fruits?»

Enfin, que voulez-vous que je dise? Les adultes, ils cherchent toujours midi à quatorze heures. Ça a duré une belle éternité. Cependant, je ne dirais pas que ce temps fut perdu. Car, mes amis, j’appris ce jour le secret d’une vie heureuse. Faites attention! Écoutez-bien, et rappelez-vous en toujours, messieurs, dames. C’est la chose la plus importante que vous  apprendrez.

La vie est une énigme. Et donc, pour réussir dans la vie, il faut être énigmatique. C’est inutile, et d’ailleurs un peu périlleux, de s’expliquer.

Quant à moi, Je l’ai mis en œuvre sans tarder.

 J’ai souri mystérieusement, j’ai mis mes lunettes au saut du nez, et m’ayant éclairci la gorge, je disais à pleins poumons: «je ferai ce que je fais maintenant!»

Je les saluais en inclinant la tête, arrachais le paquet de bonbons qui reposait sur la table, et marchais au pas de parade vers la porte.

Silence. Silence complet. Silence terrifiant…

Et puis, la voix ahurie d’une tante: « C’est une lumière, cette fille!»

Oui, vous aviez entièrement raison. J’ai une famille merveilleuse. Ils sont les découvreurs par excellence de nouveaux talents.